La devise et les symboles de la Légion étrangère ne doivent rien au hasard : chaque inscription, chaque couleur, chaque pièce d’uniforme a une date et une origine documentées. Créée le 10 mars 1831 par Louis-Philippe Ier, la Légion compte aujourd’hui environ 9 000 hommes venus de plus de 140 nationalités, répartis en 11 formations, soit 11 % de la Force opérationnelle terrestre (FOT) selon l’armée de Terre.
La devise « Honneur et Fidélité » : pourquoi pas « Patrie »
Sur les drapeaux et étendards des régiments étrangers, on ne lit pas « Honneur et Patrie » comme dans le reste de l’armée française, mais « Honneur et Fidélité ». La formule vient du régiment d’infanterie suisse de la famille Diesbach, au service des rois de France de 1639 à 1792, et figurait déjà sur l’acte d’engagement des légionnaires.
À la fin de la Première Guerre mondiale, le lieutenant-colonel Paul-Frédéric Rollet, commandant du 3e REI, propose une devise commune aux trois drapeaux de la Légion. Selon Lignes de Défense, le blog de défense d’Ouest-France, la note du ministre de la Guerre André Lefèvre du 30 novembre 1920 prescrit son inscription sur les emblèmes. Elle succède à « Valeur et Discipline », en vigueur depuis 1831 et portée par le premier drapeau, offert en 1832 par Louis-Philippe Ier.
Le choix du mot n’a rien d’anecdotique. Les légionnaires viennent de plus de 140 nationalités : on ne leur demande pas de renier leur patrie d’origine, mais de défendre la France avec fidélité. La formule ouvre d’ailleurs le Code d’honneur.
Là où est l’honneur, là où est la fidélité, là seulement est la patrie.
Général Alain Lardet, citant Louis d’Estouteville, gouverneur militaire du Mont-Saint-Michel.
Legio Patria Nostra et les devises de régiment
Une seconde devise circule partout : « Legio Patria Nostra », soit « la Légion est notre patrie ». Nul ne sait quand ni comment elle est née. Chez les képis blancs, elle traduit le sentiment d’appartenir à une unité d’élite et à une même famille. Elle n’oblige personne à répudier sa première patrie : le légionnaire reste libre de conserver sa nationalité, et la Légion lui demande son accord avant de l’envoyer sur un théâtre où son pays d’origine est engagé.
Chaque unité possède en plus la sienne et fête un saint patron ou un fait d’armes à date fixe : Saint Georges le 23 avril pour le 1er REC, El-Moungar le 2 septembre pour le 2e REI, la Saint-Michel le 29 septembre pour le 2e REP.
| Régiment/Unité | Devise |
|---|---|
| 2e REI | Être prêt |
| 3e REI | Legio Patria Nostra (« la Légion est notre patrie ») |
| 4e RE | Ad Legionem ædificandam (« Pour bâtir la Légion ») |
| 1er REC | Nec pluribus impar (« Au-dessus de tous ») |
| 13e DBLE | More Majorum (« À la manière des Anciens ») |
| 2e REP | More Majorum (« À la manière des Anciens ») |
| DLEM | Pericula ludus (« Au danger mon plaisir ») |
| 1er REG | Fier de ton passé, confiant dans l’avenir |
| 2e REG | Rien n’empêche |

L’emblème : grenade à sept flammes, couleurs et fanions
L’emblème est une grenade à sept flammes, dont deux en retour, posée sur une bombe creuse qui porte le numéro du régiment. La grenade était jusque-là réservée à certaines unités d’élite de l’armée française ; c’est au début de la Seconde Guerre mondiale qu’elle prend ses sept flammes à la Légion. Son dessin est dû à l’aquarelliste et ancien légionnaire Rosenberg. On la retrouve sur les frontons des quartiers, les uniformes, les boutons et les fanions.
Dater l’apparition du vert et du rouge est plus délicat. Ces couleurs se sont imposées peu à peu, avant qu’une décision vienne en officialiser l’usage, et sont héritées des Suisses de la 2e Légion de 1835. Les fanions de compagnie en donnent la lecture la plus nette : l’avers est vert et rouge, en diagonale descendante, le vert contre la hampe, le revers reprenant les couleurs de la numérotation de l’unité. On les retrouve aussi sur les épaulettes et sur les tambours des musiciens.
Les emblèmes portent tous la mention « Camerone 1863 », en référence au combat du 30 avril 1863 pendant l’expédition du Mexique. La Légion conserve par privilège les drapeaux de ses régiments disparus, exposés en partie dans la crypte du musée d’Aubagne, alors que l’usage français veut que les emblèmes soient détruits après un changement de régime ou lors de leur retrait du service.

Le béret vert et ses insignes
La première unité à porter le béret est la 13e DBLE, pendant la Seconde Guerre mondiale. Pas encore un modèle vert : un béret couleur « moutarde », attribué à l’origine aux unités de forteresses, précise l’armée de Terre. La question se repose en 1948, à la création du 1er Bataillon étranger de parachutistes. La Légion refuse le bleu des parachutistes métropolitains, l’amarante est déjà porté par les parachutistes coloniaux : reste le vert, l’une des deux couleurs de la Légion.
L’officialisation vient par décision ministérielle du 10 juillet 1957, pour les régiments étrangers de parachutistes. En 1959, le béret vert devient la coiffure de repos et d’exercice de toutes les unités, en remplacement du bonnet de police, et se porte même en opérations. Il se distingue de celui des commandos marine par la position de l’insigne, fixé à droite et non à gauche. Le képi blanc, lui, reste réservé aux tenues de sortie et de cérémonie et fait l’objet d’un guide dédié.
L’insigne de béret est presque toujours la grenade à sept flammes : dorée pour les régiments héritiers des unités à pied, argentée pour les héritiers des unités montées comme le 1er REC. La bombe est pleine au génie, vide dans l’infanterie ; le COMLE, commandement de la Légion étrangère, porte un insigne sans chiffre, doré ou argenté selon l’arme d’origine des officiers. Le 2e REP fait exception avec l’insigne général des unités parachutistes créé en 1946, un dextrochère tenant un glaive pointe en haut : contrairement à une légende tenace, ce dextrochère ne représente pas saint Michel. Depuis 1987, à l’initiative du général Le Corre, alors commandant la Légion étrangère, le numéro ou les initiales de l’unité figurent au centre de la bombe. S’y ajoute l’insigne de spécialité propre à chaque régiment, comme le cimeterre et les palmes croisées du 2e REI.

L’uniforme de tradition : ceinture bleue, épaulettes et cravate verte
Jusqu’en 1882, la ceinture de laine se portait sous les vêtements, pour prévenir les refroidissements et les affections intestinales dues aux écarts de température pendant la conquête de l’Algérie, rappelle l’armée de Terre. Attribuée officiellement cette année-là, elle se porte désormais apparente. Selon l’amicale d’anciens légionnaires AALE 37, elle mesure 3,40 à 3,60 mètres de long pour 13 à 17 centimètres de large. La mettre demande l’aide d’un camarade, le pli parfaitement centré.
Deux autres marques complètent la panoplie. Les épaulettes vert et rouge, corps vert et franges rouges, sont attribuées en 1868 lors de la suppression des compagnies d’élite. La cravate verte est réglementaire depuis 1946 selon l’armée de Terre, après récupération des stocks des Chantiers de la jeunesse française.
En cérémonie, pour le 14 juillet ou Camerone, l’ensemble associe le képi blanc, la veste bleu nuit à sept boutons dorés frappés du globe terrestre, le pantalon garance, les épaulettes, la cravate verte, les gants blancs et, lors des grandes cérémonies, la ceinture bleue. En opérations : treillis camouflé, système FÉLIN (Fantassin à équipement et liaisons intégrés) pour l’infanterie et béret à la place du képi.

Le défilé : pas Légion, marche officielle et pionniers
À la Légion, on défile plus lentement qu’ailleurs. La cadence réglementaire du pas Légion est de 88 pas par minute selon l’armée de Terre, héritée du rythme des armées de l’Ancien Régime et de l’Empire, en particulier du régiment d’Hohenlohe.
| Unité | Cadence (pas par minute) |
|---|---|
| Légion étrangère | 88 |
| Régime général | 120 |
| Chasseurs alpins | 140 |
| Chasseurs à pied | 140 |
La marche officielle, Le Boudin, a été composée par Monsieur Wilhelm, chef de musique du 2e Étranger, peu avant le départ du Régiment étranger pour le Mexique, en janvier 1863. La Musique de la Légion étrangère, créée par l’ordonnance royale du 10 mars 1831 avec un chef, un sous-chef et 27 exécutants, est aujourd’hui stationnée à Aubagne : 55 légionnaires et 60 à 70 prestations par an.
En tête de colonne, les pionniers sont impossibles à manquer : tous barbus, la hache sur l’épaule droite, revêtus du tablier de buffle, à une place héritée de la Grande Armée. Ils existent depuis 1831 selon l’armée de Terre et rappellent la double vocation du légionnaire, soldat et bâtisseur. Leur tablier et leur machette font l’objet d’un guide à part.
Le Code d’honneur en sept articles
Rédigé dans les années 1980 à la demande du commandement, le Code d’honneur regroupe les valeurs fédératrices de la Légion. Il est remis dans sa langue à chaque engagé volontaire, qui l’apprend par cœur en français pendant l’instruction. Le texte publié par l’armée de Terre compte sept articles.
- « Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité. »
- Voir en tout légionnaire un frère d’armes, quelles que soient sa nationalité, sa race ou sa religion.
- Respecter les traditions et ses chefs, faire de la discipline et de la camaraderie sa force, du courage et de la loyauté ses vertus.
- Montrer sa fierté par une tenue élégante, un comportement digne mais modeste, un casernement net.
- S’entraîner avec rigueur, entretenir son arme comme son bien le plus précieux, veiller à sa forme physique.
- Tenir la mission pour sacrée et l’exécuter jusqu’au bout, à tout prix.
- Au combat, agir sans passion ni haine, respecter les ennemis vaincus, n’abandonner ni ses morts, ni ses blessés, ni ses armes.
La devise institutionnelle apparaît donc dès la première ligne.
Ce qu’il faut retenir
Trois repères suffisent : la devise « Honneur et Fidélité » sur les emblèmes depuis 1920, la grenade à sept flammes comme emblème, le vert et le rouge comme signature. Le béret, les insignes, la ceinture, la cravate et jusqu’à la cadence de marche déclinent ces trois éléments.
Au prochain défilé, repérez les pionniers en tête, comptez la cadence, puis regardez l’insigne de béret : sa couleur indique l’arme d’origine, or pour les unités à pied, argent pour les unités montées, et le chiffre au centre de la bombe désigne l’unité.
Foire aux questions
Quelle est la devise de la Légion étrangère et pourquoi pas « Patrie » ?
« Honneur et Fidélité », inscrite sur les emblèmes après la note ministérielle du 30 novembre 1920, à la place du « Honneur et Patrie » du reste de l’armée. Venus de plus de 140 nationalités, les légionnaires ne renient pas leur patrie d’origine : ils servent la France avec fidélité.
Quelles sont les devises de la Légion étrangère française ?
Deux devises institutionnelles : « Honneur et Fidélité », adoptée en 1920, et « Legio Patria Nostra ». Chaque régiment y ajoute la sienne, comme « Nec Pluribus Impar » pour le 1er REC ou « Pericula ludus » pour le DLEM.
Quel est le symbole de la Légion étrangère ?
La grenade à sept flammes, attribuée au début de la Seconde Guerre mondiale et dessinée par l’ancien légionnaire Rosenberg. Elle figure sur les frontons des quartiers, sur les fanions et sur les uniformes.
Quel est l’emblème de la Légion étrangère ?
La même grenade, présente sur le logo, les boutons, l’insigne de béret et les fanions. Les couleurs vert et rouge, héritées des Suisses de la 2e Légion, l’accompagnent partout.
Quelle est la couleur du béret des légionnaires ?
Vert, coiffure de repos et d’exercice de toutes les unités depuis 1959. La 13e DBLE avait d’abord porté un béret couleur « moutarde », avant l’adoption du vert par les parachutistes en 1948 et l’officialisation de 1957.
Quelle est la signification du béret vert de la Légion étrangère ?
Le vert renvoie aux couleurs institutionnelles de la Légion, qui refuse en 1948 le bleu des parachutistes métropolitains, l’amarante étant déjà porté par les parachutistes coloniaux. Généralisé en 1959, il laisse le képi blanc aux tenues de sortie et de cérémonie.
Quels sont les différents types de bérets portés à la Légion étrangère ?
Le béret vert est le couvre-chef de service courant de toutes les unités depuis 1959, du COMLE au groupement de recrutement. C’est l’insigne qui change : grenade dorée pour les unités à pied, argentée pour les unités montées comme le 1er REC, dextrochère armé d’un glaive pour le 2e REP.
Quel est le code d’honneur de la Légion étrangère ?
Sept articles, rédigés dans les années 1980 et appris par cœur par chaque engagé. Le premier rappelle que le légionnaire sert la France avec honneur et fidélité ; les suivants traitent de la fraternité d’armes, de la discipline, de la tenue, de la mission et de l’éthique au combat.
Quel est le sigle et l’emblème visuel de la Légion étrangère ?
La grenade à sept flammes, associée au vert et au rouge. Elle structure le logo institutionnel et les insignes de béret, toujours sur fond vert et rouge.
Comment reconnaître un légionnaire à sa tenue ?
En sortie, le képi blanc suffit. En service courant, c’est le béret vert avec son insigne à droite. S’y ajoutent les épaulettes vert et rouge, la cravate verte et, en grande cérémonie, la ceinture bleue.
Sources
Légion Étrangère · Sélection Aubagne 2026Prêt pour les tests de sélection à Aubagne ?Simulacres psychotechniques officiels, barèmes physiques Luc Léger et préparation aux entretiens.



