Le musée de la Légion étrangère est le principal lieu de mémoire de ce corps singulier de l’armée française. Installé à Aubagne, il retrace l’histoire de la Légion depuis sa création en 1831. Il se prolonge à Puyloubier, en Provence, par une annexe consacrée aux uniformes et par l’institution qui accueille les anciens légionnaires.
Pour un visiteur, l’ensemble se découvre en deux temps : le grand musée d’Aubagne, gratuit et ouvert à tous, et le domaine de Puyloubier, où vivent d’anciens légionnaires. Cet article réunit l’essentiel pour préparer votre venue : histoire des collections, informations pratiques, horaires et accès.
Le musée de la Légion étrangère à Aubagne
De Sidi-Bel-Abbès à Aubagne
L’histoire du musée commence en Algérie. La salle d’honneur du 1er régiment étranger est créée en 1892 à Sidi-Bel-Abbès, longtemps maison mère de la Légion. On y rassemble emblèmes, citations et objets de mémoire, parmi lesquels la main articulée du capitaine Danjou et les noms gravés des officiers tombés au combat. La salle prend l’appellation de musée en 1935.
En 1962, lorsque la Légion quitte Sidi-Bel-Abbès pour la métropole, les collections sont rapatriées puis entreposées à Puyloubier. Le premier bâtiment édifié dans le nouveau quartier Vienot, à Aubagne, est précisément le musée. La première pierre est posée en 1964 et le musée ouvre ses portes le 30 avril 1966.
Un Musée de France entièrement rénové
Le musée occupe aujourd’hui plus de 2 000 m². Il a été entièrement rénové en 2013, avec une extension de 1 000 m² qui lui a donné un parcours muséographique moderne. Selon l’armée de Terre, il a obtenu le label « Musée de France » en 2011 et accueille près de 20 000 visiteurs par an, dont environ 30 % de militaires. Avant la pandémie, la fréquentation culminait à 26 081 visiteurs en 2019.
En 2016, le musée est devenu le Pôle muséal de la Légion étrangère. À ce titre, il coordonne l’annexe de Puyloubier, le centre de documentation et de recherches historiques, ainsi que dix salles d’honneur régimentaires pour onze régiments. La salle d’honneur du 1er régiment étranger, elle, est intégrée au musée d’Aubagne. Ces salles d’honneur régimentaires sont réparties sur le territoire :
| Régiment/Unité | Localisation |
|---|---|
| 4e Régiment étranger | Castelnaudary |
| GRLE | Fort de Nogent |
| 1er Régiment étranger de cavalerie | Carpiagne |
| 1er Régiment étranger de génie | Laudun |
| 2e Régiment étranger de génie | Saint-Christol |
| 2e Régiment étranger d’infanterie | Nîmes |
| 2e Régiment étranger de parachutistes | Calvi |
| 3e Régiment étranger d’infanterie | Kourou |
| 13e Demi-brigade de Légion étrangère | Cavalerie |
| Détachement de Légion étrangère de Mayotte | Dzaoudzi |
Collections, salle d’honneur et crypte
Reconnu Musée de France, le musée conserve plus de 20 000 objets, dont environ 2 000 sont présentés au public. Le parcours muséographique du rez-de-chaussée suit trois périodes, 1831-1914, 1914-1945 et 1945-2000, prolongées par des espaces thématiques sur le légionnaire bâtisseur et le légionnaire d’aujourd’hui.
Le parcours muséographique conduit enfin à la salle d’honneur, lieu central dans la vie de chaque engagé. C’est ici que le légionnaire reçoit son premier contrat d’engagement, et ici encore qu’il s’entretient une dernière fois avec ses chefs avant de quitter l’institution, où il reçoit son certificat de bonne conduite.
La salle d’honneur ouvre sur la crypte, où sont gravés les noms de tous les officiers de Légion morts pour la France. La crypte conserve la relique la plus emblématique du corps : la main en bois articulée du capitaine Jean Danjou. Chaque 30 avril, elle est présentée aux troupes lors de la cérémonie de la bataille de Camerone, qui commémore le combat de 1863. En 2020, le monument aux morts, la salle d’honneur et la crypte ont été inscrits aux Monuments historiques, selon l’armée de Terre.

Le monument aux morts de la Légion étrangère
Derrière le musée, ouvert sur la place d’armes du 1er régiment étranger, se dresse le monument aux morts de la Légion. C’est une grande sculpture figurant une mappemonde gardée par quatre légionnaires, chacun incarnant une période de l’histoire du corps.
Le projet est lancé en 1927 par le colonel Rollet, commandant du 1er régiment étranger d’infanterie à Sidi-Bel-Abbès, pour le centenaire de la Légion. La première pierre est posée le 9 octobre 1930 et le monument inauguré le 30 avril 1931. L’œuvre est due au peintre Maurice Mahut et au sculpteur Charles-Henry Pourquet.
Comme les collections, le monument est démonté puis transféré à Aubagne en 1962. Il est réinauguré en 1963, lors des commémorations du centenaire de Camerone. Son globe terrestre en feuille d’or rappelle les campagnes de la Légion à travers le monde.
Informations pratiques pour visiter le musée d’Aubagne
L’entrée est gratuite. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00, et fermé le lundi.
Le musée se situe à moins de 5 km d’une sortie d’autoroute, et la gare d’Aubagne est à quinze minutes à pied. Un parking gratuit se trouve juste en face. Des visites guidées gratuites, en français et en anglais, sont proposées régulièrement, sur réservation auprès de l’Office de Tourisme d’Aubagne. Une visite virtuelle est accessible sur le site du musée, et un support audio est disponible à l’entrée via un QR code.
| Catégorie | Détails |
|---|---|
| Adresse | Chem. de la Thuilière, 13400 Aubagne |
| Horaires | Ouvert du mardi au dimanche, de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 |
| Tarif | Gratuit |
| Parking | Gratuit en face du musée |
| Accès transports | Gare d’Aubagne à 15 minutes à pied |
| Accès autoroute | Sortie à moins de 5 km |
| Visites guidées | Gratuites en français et anglais, réservation à l’Office de Tourisme d’Aubagne |
| Visite virtuelle | Disponible sur le site web |
| Support auditif | QR code à l’entrée |
Le musée est labellisé Tourisme et Handicap. Plusieurs aménagements facilitent la visite des personnes en situation de handicap.
| Type d’aménagement | Disponibilité |
|---|---|
| Parking adapté | Oui |
| Plan incliné | Oui |
| WC accessibles | Oui |
| Cannes-sièges | En libre-service |
| Supports écrits | Disponibles |
| Alarme visuelle | Oui |
L’Institution des invalides de la Légion étrangère à Puyloubier
Le domaine Capitaine Danjou
L’Institution des invalides de la Légion étrangère (IILE) occupe le domaine Capitaine Danjou, sur la commune de Puyloubier, au pied de la montagne Sainte-Victoire. Le domaine s’étend sur environ 200 hectares.
Son nom rend hommage au capitaine Danjou, l’officier qui commandait le détachement de Légion à la bataille de Camerone. Le domaine réunit un château, un bâtiment hôtel surnommé l’hémicycle, des ateliers d’artisanat, un vignoble de 40 hectares et une oliveraie de 8 hectares.
L’institution naît au milieu des années 1950. Le 12 octobre 1953, le ministre de la Défense René Pleven et Pierre de Chevigné acquièrent le domaine et en font don au Foyer de la Légion étrangère, pour accueillir les légionnaires blessés, invalides ou malades revenus d’Indochine. L’IILE est inaugurée le 12 mai 1954 par le général Pierre Kœnig. Son 70e anniversaire a été célébré en 2024.
« Un beau rêve qu’avaient caressé depuis longtemps tous ceux qui ont non seulement commandé mais avant tout aimé la Légion. »
— Général Kœnig, 2 mai 1954
Accueil, ateliers et solidarité
La mission de l’IILE est d’accueillir et d’héberger les anciens légionnaires, et d’assurer la rééducation des invalides. Sa capacité d’accueil est de 120 pensionnaires, logés en chambres individuelles, qu’ils disposent ou non de ressources.
En contrepartie, ceux qui le peuvent participent à la vie du domaine. Les ateliers occupationnels couvrent la céramique, la reliure et la sérigraphie. L’atelier céramique fonctionne depuis 1958 et produit vaisselle, insignes, objets décoratifs et sculptures ; il transforme chaque année environ 20 tonnes de terre de Limoges et 10 m² de lave de Volvic. L’atelier reliure crée livres d’or, albums et carnets, et restaure des ouvrages anciens selon des techniques reconnues par les Archives nationales. Le vignoble, lui, produit des vins de Côtes de Provence dont la qualité est reconnue.
Cet accueil découle de l’esprit de corps de la Légion et d’un engagement résumé par l’article 7 du Code d’honneur du légionnaire :
« Tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés. »
C’est ce principe qui relie le musée, mémoire des disparus, et l’IILE, refuge des anciens.

Le musée de l’uniforme légionnaire à Puyloubier
Le domaine abrite aussi, depuis 1990, le musée de l’uniforme légionnaire, annexe du musée d’Aubagne rattachée au pôle muséal et entièrement consacrée à l’habillement et à l’équipement de la Légion.
La collection est unique au monde. Elle réunit environ 18 000 pièces, présentées sur 150 mannequins qui retracent l’évolution des uniformes depuis la création de la Légion en 1831 jusqu’à l’époque moderne. Née d’une collection privée, fruit du travail d’un passionné, elle a ensuite été acquise et enrichie par la Légion.
Le musée de l’uniforme légionnaire est aujourd’hui fermé. Le bâtiment ne répondait plus aux normes de sécurité ni aux exigences d’accueil du public, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Un chantier scientifique et une rénovation complète sont en cours. Selon l’armée de Terre, la réouverture est prévue pour l’été 2027. Les uniformes, qui couvrent la période 1831-1968, ont été mis en sécurité le temps des travaux.
| Élément | Information |
|---|---|
| Adresse | Chemin Pallière, 13 114 Puyloubier |
| Téléphone | 04.42.91.45.01 |
| Collection | Uniformes (1831-1968) |
| Statut actuel | Fermée pour travaux |
| Date de réouverture | Été 2027 |
| Type de travaux | Chantier scientifique et rénovation complète |
Le Foyer d’entraide de la Légion étrangère (FELE)
La solidarité légionnaire s’appuie sur une institution discrète : le Foyer d’entraide de la Légion étrangère (FELE). C’est un établissement public administratif, créé le 1er avril 1950 et rattaché au commandement de la Légion étrangère.
Sa particularité tient à son financement. Selon le ministère des Armées, le FELE ne reçoit aucune aide ministérielle. Il vit des dons et des legs, de la vente des vins du domaine Capitaine Danjou, des ateliers de réinsertion, de la boutique de l’IILE et des abonnements au magazine Képi Blanc.
Depuis plus de soixante ans, le FELE soutient les légionnaires en difficulté, d’active ou anciens, ainsi que les blessés, les invalides, les plus âgés et leurs familles. Son action s’étend au devoir de mémoire, avec l’entretien des carrés Légion dans plusieurs cimetières, au financement des ateliers occupationnels et du magazine Képi Blanc, aux aides aux orphelins et au soutien des majeurs protégés via une cellule Tutelle.
Le centre de documentation et de recherches historiques (CDRH-LE)
Le pôle muséal s’appuie enfin sur un riche fonds historique. Le Centre de documentation et de recherches historiques de la Légion étrangère (CDRH-LE) conserve plus de 4 500 livres et une iconothèque de plus de 10 000 pièces : photographies, dessins, correspondances et documents audiovisuels.
Il abrite surtout les journaux de marche et des opérations (JMO) de la Légion depuis 1831, ainsi que des fonds privés légués par des familles de légionnaires. Le centre s’adresse aux chercheurs, aux auteurs et aux conférenciers, et les consultations se font sur autorisation du général commandant la Légion étrangère.
C’est aussi vers ces ressources que l’on se tourne pour retracer un parcours individuel. Pour savoir si une personne a servi dans la Légion, on peut s’adresser au CDRH-LE ou au Bureau des anciens de la Légion étrangère (BALE), compétent pour les recherches administratives et généalogiques.
Visiter Puyloubier : accès et services
Le domaine de Puyloubier se visite. Selon la commune, ses portes sont ouvertes au public tous les jours, de 10h à 12h et de 14h à 17h, à l’adresse Chemin Pallière (téléphone : 04.42.91.45.01). Le musée de l’uniforme reste toutefois fermé jusqu’à sa réouverture prévue en 2027.
Le cimetière communal de Puyloubier accueille par ailleurs un carré militaire dédié à la Légion. En 1962, après le départ de Sidi-Bel-Abbès, les cercueils du général Rollet, du prince Aage de Danemark et du légionnaire de 1re classe Zimmermann, dernier légionnaire tué au combat en Algérie, y ont été rapatriés. D’autres figures de la Légion y reposent.
| Nom | Grade/Titre | Date d’inhumation à Puyloubier | Lieu d’inhumation antérieur |
|---|---|---|---|
| Général Rollet | Général | 25 septembre 1962 | Carré légionnaire de Sidi-bel-Abbès |
| Prince Aage de Danemark | Prince | 25 septembre 1962 | Carré légionnaire de Sidi-bel-Abbès |
| Légionnaire de 1ère classe Zimmermann | Légionnaire de 1ère classe | 25 septembre 1962 | Carré légionnaire de Sidi-bel-Abbès |
| Adjudant-chef Struzyna | Adjudant-chef | 22 mars 1990 | Tombé en Indochine |
| Général Morel | Général | Non précisée | Non précisée |
| Colonel Jean-Pierre | Colonel | Non précisée | Non précisée |
| R.P. Hirlemann | R.P. | Non précisée | Non précisée |

Foire aux questions
Où se trouve le musée de la Légion étrangère ?
Le musée principal est à Aubagne, Chemin de la Thuilière (13400), à moins de 5 km d’une sortie d’autoroute et à quinze minutes à pied de la gare, avec un parking gratuit en face. Une annexe existe à Puyloubier, au domaine du Capitaine Danjou ; elle est fermée pour travaux, avec une réouverture prévue à l’été 2027.
Qu’est-ce qu’il y a dans les Invalides de la Légion étrangère ?
L’Institution des invalides de la Légion étrangère (IILE), à Puyloubier, héberge jusqu’à 120 anciens légionnaires handicapés, âgés ou en difficulté. Son domaine de 200 hectares réunit un château, un bâtiment hôtel, des ateliers d’artisanat (reliure, céramique, sérigraphie), un vignoble de 40 hectares, une oliveraie de 8 hectares, une boutique, le restaurant de la Popote et le musée de l’uniforme légionnaire. Les pensionnaires y bénéficient d’un accompagnement social et d’activités de réinsertion.
Qu’est-ce que le Foyer d’entraide de la Légion étrangère ?
Le Foyer d’entraide de la Légion étrangère (FELE) est un établissement public administratif créé le 1er avril 1950 et rattaché au commandement de la Légion. Depuis plus de soixante ans, il aide les légionnaires en difficulté, les blessés, les anciens et leurs familles. Il finance son action sans aide ministérielle, grâce aux dons, aux legs et aux activités du domaine : vins du Capitaine Danjou, ateliers de réinsertion, boutique et abonnements au magazine Képi Blanc.
Quelle est l’histoire de Puyloubier ?
La Légion s’installe à Puyloubier en 1954. Le 12 octobre 1953, le domaine est acquis et donné au Foyer de la Légion étrangère pour accueillir les légionnaires rentrés blessés ou malades d’Indochine. L’institution est inaugurée le 12 mai 1954 par le général Pierre Kœnig. En 1962, après le départ de Sidi-Bel-Abbès, les cercueils du général Rollet, du prince Aage de Danemark et du légionnaire Zimmermann sont rapatriés au carré militaire du village. Le domaine porte le nom du capitaine Danjou, héros de la bataille de Camerone en 1863.
Comment savoir si quelqu’un a fait la Légion étrangère ?
Pour vérifier un engagement, on s’adresse au Centre de documentation et de recherches historiques de la Légion étrangère (CDRH-LE), à Aubagne. Il conserve les journaux de marche et des opérations (JMO) depuis 1831 et d’importants fonds documentaires. Les consultations se font sur autorisation du général commandant la Légion. Le Bureau des anciens de la Légion étrangère (BALE) peut aussi traiter les recherches administratives et généalogiques.
Quel est le surnom de la Légion étrangère ?
Les sources consacrées aux musées ne retiennent pas de surnom officiel unique. Le terme « Képi Blanc », qui renvoie à la coiffe distinctive du légionnaire, reste le plus associé à la Légion ; c’est aussi le nom du magazine édité au profit de l’entraide légionnaire.
Quel est le salaire d’un légionnaire ?
Cette question relève du recrutement et du service actif, hors du champ de cet article centré sur les lieux de mémoire et de visite. Pour ces informations, il faut consulter les ressources officielles du recrutement de la Légion étrangère.
Qui est la seule femme légionnaire ?
Le sujet touche à l’histoire des effectifs de la Légion, et non au patrimoine présenté à Aubagne et à Puyloubier. Les collections documentent l’histoire de l’institution, ses uniformes et ses traditions depuis 1831, sans aborder cette question.
Quel est le meilleur régiment de la Légion étrangère ?
La réponse relève de l’appréciation personnelle et n’est pas l’objet des musées. Le pôle muséal présente l’histoire de l’ensemble de la Légion, sans hiérarchie entre les onze régiments, dont les salles d’honneur sont réparties sur le territoire. Chacun a sa part dans l’histoire et les traditions du corps.
Est-ce qu’il y a des femmes dans la Légion étrangère ?
Cette question porte sur les politiques de recrutement actuelles, hors du cadre de cet article consacré aux musées. Les collections couvrent l’histoire de l’institution depuis 1831 et l’évolution des uniformes, sans traiter du recrutement contemporain. Les informations sur l’engagement relèvent des ressources officielles de la Légion.
Sources
Légion Étrangère · Sélection Aubagne 2026Prêt pour les tests de sélection à Aubagne ?Simulacres psychotechniques officiels, barèmes physiques Luc Léger et préparation aux entretiens.



