La Légion étrangère ne forme pas un bloc unique. Elle s’organise en plusieurs régiments, chacun avec sa propre implantation, sa spécialité et ses missions. Comprendre cette organisation permet de savoir qui fait quoi, où se trouve chaque unité et vers quel régiment s’orienter selon le métier visé.
Cet article passe en revue chaque régiment et unité de la Légion étrangère : sa localisation, son rôle et ses chiffres clés, du commandement aux unités de combat.
Comment s’organisent les régiments de la Légion étrangère
La Légion étrangère est une composante de l’armée de Terre. Elle réunit près de 9 000 hommes, soit 11 % de la Force opérationnelle terrestre selon le portail officiel de l’armée de Terre. Plus de 140 nationalités s’y côtoient, ce qui en fait une unité au recrutement sans équivalent en France. Fondée le 10 mars 1831, elle a pour devise Legio Patria Nostra et le képi blanc reste son emblème.
L’institution regroupe le Commandement de la Légion étrangère (COMLE) et onze régiments ou unités formant corps, neuf en métropole et deux en outre-mer (Guyane et Mayotte). Le COMLE, créé en 1984 et basé à Aubagne, pilote l’ensemble avec un état-major d’environ quatre-vingts officiers et sous-officiers. Le recrutement relève du Groupement de recrutement de la Légion étrangère (GRLE), créé en 2007 et installé au fort de Nogent, à Fontenay-sous-Bois, en région parisienne, qui s’appuie sur un réseau de postes d’information répartis dans plusieurs villes.
Six de ces régiments sont placés pour emploi auprès du Commandement des forces terrestres, au sein de leurs brigades interarmes. Ils participent régulièrement aux opérations extérieures (OPEX), aux missions intérieures (MISSINT) et aux missions de courte durée (MCD). Le tableau ci-dessous récapitule chaque unité, son implantation et sa spécialité.
| Unité | Localisation | Spécialité principale |
|---|---|---|
| 1er RE (1er Régiment Étranger) | Aubagne (Bouches-du-Rhône) | Commandement, administration, recrutement, traditions |
| 4e RE (4e Régiment Étranger) | Castelnaudary (Aude) | Formation initiale des légionnaires |
| 2e REP (2e Régiment Étranger de Parachutistes) | Calvi (Haute-Corse) | Infanterie parachutiste, opérations aéroportées |
| 1er REC (1er Régiment Étranger de Cavalerie) | Camp de Carpiagne (Bouches-du-Rhône) | Cavalerie blindée, reconnaissance |
| 1er REG (1er Régiment Étranger de Génie) | Laudun-l’Ardoise (Gard) | Génie de combat |
| 2e REI (2e Régiment Étranger d’Infanterie) | Nîmes (Gard) | Infanterie motorisée |
| 2e REG (2e Régiment Étranger de Génie) | Saint-Christol (Vaucluse) | Génie d’assaut en montagne |
| 13e DBLE (13e Demi-Brigade de Légion Étrangère) | Camp du Larzac (Aveyron) | Infanterie blindée légère, combat débarqué |
| GRLE (Groupement de Recrutement de la Légion Étrangère) | Fontenay-sous-Bois (région parisienne) | Recrutement et présélection |
| 3e REI (3e Régiment Étranger d’Infanterie) | Kourou (Guyane) | Infanterie en forêt équatoriale |
| 5e RE (5e Régiment Étranger) | Dzaoudzi (Mayotte) | Présence et souveraineté dans l’océan Indien |
1er Régiment Étranger : la maison mère à Aubagne
Le 1er régiment étranger (1er RE) est le plus ancien des régiments de la Légion. Créé en 1841 en Algérie, il est aussi appelé le régiment de Camerone. Depuis 1962, après le départ de Sidi Bel Abbès, il est stationné au quartier Viénot à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône.
On le surnomme la maison mère de la Légion. Sa vocation est avant tout administrative : il centralise la gestion des ressources humaines, la logistique et la communication de l’institution. C’est aussi une étape clé du parcours du légionnaire, qui y commence sa carrière au centre de sélection et d’incorporation, puis y accomplit ses formalités de départ.
Le régiment compte environ 600 hommes, répartis en trois compagnies de commandement, de services et d’administration. Sa devise est « Honneur et fidélité ».
4e Régiment Étranger : la formation initiale à Castelnaudary
La formation initiale des légionnaires se déroule au 4e régiment étranger (4e RE), à Castelnaudary, dans l’Aude. Installé au quartier Danjou depuis 1976, il constitue le centre de gravité de l’instruction pour toute la Légion.
Chaque recrue y suit une instruction d’environ quatre mois selon l’armée de Terre. Ce socle commun couvre la discipline, l’endurance, les fondamentaux militaires, la vie collective et l’apprentissage du français. La formation comprend notamment la célèbre marche képi blanc. Le régiment compte environ 600 légionnaires, dont une forte proportion d’instructeurs, et fait un large usage de fermes d’instruction en milieu rural pour accélérer l’intégration.

2e Régiment Étranger de Parachutistes : le fer de lance aéroporté
Le 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP) est l’unique unité parachutiste de la Légion étrangère. Il appartient à la 11e brigade parachutiste (11e BP), et sa sélection passe pour l’une des plus dures de l’armée française.
Son histoire commence le 1er octobre 1948 à Sétif, en Algérie, avec la création du 2e bataillon étranger de parachutistes (2e BEP). L’unité s’illustre dans les combats les plus durs de la guerre d’Indochine, jusqu’à sa dissolution après la bataille de Diên Biên Phu en 1954, où elle perd près de 1 500 officiers, sous-officiers et légionnaires. Recréé la même année, le bataillon devient le 2e REP le 1er décembre 1955. Après l’Algérie, il s’installe définitivement dans la baie de Calvi, en Haute-Corse, en 1967, au camp Raffalli.
Le régiment réunit aujourd’hui 1 340 légionnaires, dont environ 1 140 cadres et légionnaires en compagnies opérationnelles. Sa particularité tient à la spécialisation de ses compagnies de combat depuis 1962 : zone urbaine, montagne, milieu nautique, démolition et action sur les arrières avec les tireurs d’élite. Sa devise est « More Majorum », « à la manière de nos anciens ».
Déployé sans interruption depuis 1969, il a pris part à la plupart des grandes opérations françaises, dont l’opération Serval au Mali en 2013, marquée par un saut de nuit sur Tombouctou.
13e Demi-Brigade de Légion Étrangère : la Phalange Magnifique au Larzac
La 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) porte un héritage exceptionnel. Créée en 1940, elle devient le noyau des Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale et s’illustre à Bir-Hakeim, El Alamein, en Tunisie et en Alsace. Elle prend ensuite part à la guerre d’Indochine, où elle est durement éprouvée à Diên Biên Phu, puis aux opérations en Algérie. Ce passé lui vaut le surnom de Phalange Magnifique.
En 1962, la 13e DBLE s’installe sur la Côte française des Somalis, devenue la République de Djibouti. Elle y reste 49 ans comme force pré-positionnée, avant de quitter l’Afrique le 31 juillet 2011 pour les Émirats arabes unis. Depuis l’été 2016, elle est stationnée au camp du Larzac, dans l’Aveyron, où elle a rejoint la 6e brigade légère blindée.
Le régiment compte 1 350 hommes en 2024, organisés en sept compagnies auxquelles s’ajoute une compagnie de réserve. Spécialisée dans le combat débarqué au contact, après approche sous blindage, la 13e DBLE s’appuie sur son véhicule blindé de transport de troupes, le Griffon. Ses unités assurent les mêmes missions qu’un régiment d’infanterie classique : MISSINT, OPEX et MCD. Comme le 2e REP, elle a pour devise « More Majorum ».

1er Régiment Étranger de Cavalerie : la reconnaissance blindée à Carpiagne
Le 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC) est le seul régiment blindé de la Légion. Créé au début des années 1920, il est installé depuis 2014 au camp de Carpiagne, près de Marseille.
Sa mission tourne autour du renseignement de contact et de la manœuvre blindée. Il éclaire, protège, appuie et frappe au profit des forces engagées. Le régiment s’est modernisé avec l’arrivée de l’engin blindé de reconnaissance et de combat Jaguar (EBRC) depuis 2022, aux côtés de ses véhicules blindés légers. Il a été engagé sur les théâtres récents, notamment au Mali, en Centrafrique et au Liban.
2e Régiment Étranger d’Infanterie : l’infanterie moderne à Nîmes
Le 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI) est présenté comme l’expert du combat d’infanterie moderne, à pied comme en véhicule. Créé en 1841, il est stationné à Nîmes depuis 1983.
C’est une infanterie motorisée, équipée de véhicules de l’avant blindés et de véhicules Griffon. Le régiment couvre un large spectre de missions, de la protection du territoire national à l’engagement en opérations extérieures, y compris en haute intensité. Il s’inscrit dans la modernisation de l’armée de Terre à travers le programme SCORPION et a participé à de nombreuses OPEX en Afrique et au Moyen-Orient.
Les régiments de génie : le génie d’assaut de la Légion
La Légion compte deux régiments de génie, spécialistes du génie d’assaut. Le premier appuie la mobilité des forces, le second se distingue par son ancrage en milieu montagneux.
Le 1er régiment étranger de génie (1er REG), créé dans les années 1980 et basé à Laudun-l’Ardoise, dans le Gard, remplit des missions d’appui à la mobilité, de contre-mobilité et d’aide au déploiement d’urgence. Ses sapeurs légionnaires maîtrisent les explosifs, la pose et la neutralisation de mines, ainsi que le franchissement de cours d’eau.
Le 2e régiment étranger de génie (2e REG), créé en 1999 et implanté à Saint-Christol, dans le Vaucluse, est l’unique régiment de Légion de la 27e brigade d’infanterie de montagne. Il est spécialisé dans le génie d’assaut en terrain montagneux et par grand froid. Il compte environ 925 personnels et entretient un groupe de pionniers.

3e Régiment Étranger d’Infanterie : la jungle en Guyane
Le 3e régiment étranger d’infanterie (3e REI) est l’un des deux régiments de la Légion implantés en outre-mer. Basé à Kourou, en Guyane, il est spécialisé dans le combat en forêt équatoriale.
Son environnement impose des contraintes fortes : chaleur constante, humidité élevée, végétation dense et logistique difficile. Ses légionnaires y acquièrent une expertise rare de la survie et du combat en jungle. Le régiment assure la protection du Centre spatial guyanais lors des lancements, surveille les frontières forestières et mène la mission Harpie contre l’orpaillage illégal.
La Guyane abrite aussi le Centre d’entraînement en forêt équatoriale (CEFE), créé en 1987. Il forme des unités françaises, des écoles militaires et des troupes étrangères aux techniques du combat en jungle, ce qui place la Légion comme référence dans ce domaine.
5e Régiment Étranger : la présence dans l’océan Indien à Mayotte
Le 5e régiment étranger (5e RE) est la seconde unité de la Légion implantée en outre-mer. Stationné à Dzaoudzi, à Mayotte, il assure une présence militaire française dans l’océan Indien.
Longtemps organisé sous la forme d’un détachement, le détachement de Légion étrangère de Mayotte, il a été transformé en régiment à partir de 2024. Cette évolution vise à renforcer les capacités et la visibilité de la Légion dans une zone à forte valeur stratégique. Sa mission première reste la souveraineté et la protection des intérêts français dans la région.

Les pionniers de la Légion étrangère
Les pionniers forment une unité de tradition unique en France. On les reconnaît immédiatement à leur tenue : barbe fournie, tablier de cuir fauve, hache à l’épaule et gants blancs à crispin. Ils sont la seule unité de ce type encore en service dans l’armée française.
La tradition remonte au XVIIIe siècle, quand les porte-haches montaient à l’assaut en tête pour détruire les obstacles ennemis. La Légion l’a reprise dès 1831. Le port de la barbe y est devenu obligatoire en 1844, héritage du temps où ces hommes, exposés en première ligne, gardaient le droit de ne pas se raser.
La section de tradition est basée au 1er régiment étranger, à Aubagne, où elle réunit trois sous-officiers et trente-six légionnaires. C’est elle qui ouvre le défilé de la Légion le 14 juillet sur les Champs-Élysées et qui encadre le porteur de la main du capitaine Danjou lors de la commémoration de Camerone, le 30 avril. Quelques autres régiments, comme le 1er REG, le 2e REG ou le 4e RE, entretiennent aussi de petits groupes de pionniers. Leur devise résume leur état d’esprit : « Sapeur toujours devant, à la peine comme à l’honneur ».
Quel régiment choisir
Aucun régiment n’est meilleur qu’un autre : tout dépend de la spécialité recherchée. Le saut et l’intervention rapide pour le 2e REP, la cavalerie blindée pour le 1er REC, le génie de combat pour le 1er REG ou le 2e REG, la jungle pour le 3e REI, l’outre-mer dans l’océan Indien pour le 5e RE. Dans tous les cas, le parcours débute par la sélection au GRLE, puis par la formation initiale au 4e RE. Un poste d’information de la Légion reste le bon interlocuteur pour préciser son projet.
Foire aux questions
Quels sont les différents régiments de la Légion étrangère ?
La Légion compte onze régiments ou unités formant corps, plus le commandement (COMLE). En métropole : le 1er RE, le GRLE, le 4e RE, le 2e REP, le 2e REI, le 1er REC, le 1er REG, le 2e REG et la 13e DBLE. En outre-mer : le 3e REI en Guyane et le 5e RE à Mayotte.
Où sont basés les régiments de la Légion étrangère ?
En métropole : Aubagne, Castelnaudary, Calvi en Corse, Nîmes, le camp de Carpiagne, Laudun-l’Ardoise, Saint-Christol et le camp du Larzac. En outre-mer, le 3e REI est à Kourou, en Guyane, et le 5e RE à Mayotte.
Quel est le régiment d’élite de la Légion étrangère ?
Il n’existe pas de classement officiel. Le 2e REP, à Calvi, est toutefois souvent cité comme régiment d’élite : c’est l’unique unité parachutiste de la Légion. Selon un reportage de TF1, sa sélection de commandos ne retient que trois candidats sur vingt-cinq, soit 12 %.
Où se trouve la 13e DBLE ?
Depuis l’été 2016, la 13e DBLE est stationnée au camp du Larzac, dans l’Aveyron. Elle est auparavant restée 49 ans à Djibouti, qu’elle a quitté le 31 juillet 2011. Elle compte aujourd’hui 1 350 hommes et appartient à la 6e brigade légère blindée.
Quelle est la devise de la 13e DBLE ?
C’est « More Majorum », « à la manière de nos anciens ». Le régiment porte aussi le surnom de Phalange Magnifique, hérité de son passé de noyau des Forces françaises libres.
Quelle est la devise du 2e REP ?
C’est également « More Majorum ». Le régiment en a hérité du 2e bataillon étranger de parachutistes lors de sa transformation en régiment, en 1955.
Où se trouve le 2e REP ?
Le 2e REP est basé à Calvi, en Haute-Corse, au camp Raffalli, depuis 1967. Il y dispose de ses propres installations de saut, d’un centre d’instruction nautique et d’un chalet de montagne.
Qui sont les pionniers de la Légion étrangère ?
Ce sont une unité de tradition, reconnaissable à la barbe, au tablier de cuir et à la hache portée à l’épaule. La tradition remonte à 1831. La section principale, basée au 1er RE à Aubagne, compte trois sous-officiers et trente-six légionnaires.
Sources
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